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Censures. Baiser la lune (Jerk Off 2011)

Catherine Corringer (avec la participation de Maryline Gillois), Béatrice Cussol, Fahd El Jaoudi,
Sirine Fattouh, Amaury Grisel, Mehdi-Georges Lahlou, Mame-Diarra Niang, Franck Rezzak, Philippe Servent, Cyril Tricaud, Melle Violette & Friguidas


19 - 30 octobre 2011


Galerie Emilie Bannwarth
, Paris

 


L’exposition se confronte à la question des résistances à la libre expression, sans doute aussi à ses propres impossibilités. Aborder le thème de la censure en le pluralisant est un moyen d’en élargir la définition pour éviter de tomber dans un double écueil : d’une part celui de l’abord frontal, qui conduirait à la provocation ou à la manifestation militante, de l’autre, celui de la réduction au seul politique, qui limiterait le propos aux seuls faits d’interdiction. Nous envisageons les censures comme autant de processus inhibiteurs, qu’ils s’inscrivent dans le champ politique ou dans celui de la psychanalyse, à l’échelle de l’individu ou à celle de la communauté, relevant tout autant de la loi et de l’officiel, que du pur symbolique. L’interdiction du Baiser de la lune, film homopédagogique destiné à la diffusion scolaire, est ici prise comme le symptôme sociétal de crispations, comme la cristallisation de peurs dont nous cherchons à définir les moyens de défense. Ainsi se dessine le parcours de l’exposition : de l’incorrection juridique à l’exaltation de pulsions refoulées.


En 2010, les affaires de limitation de la liberté d’expression artistique ont largement occupé le devant de la scène médiatique (Ko Siu Lan et Larry Clark à Paris ou David Wojnarowicz à Washington), à tel point qu’il est difficile de parler d’un libertarisme culturel, dont les gouvernants cherchent paradoxalement à assurer la promotion. Les censures s’affirmeraient a posteriori comme le moyen de limiter les « dérives » des artistes et l’influence de leurs représentations sur le public. Nous constatons pourtant que l’écrasante majorité des applications de la censure, de nature préventive, ne relève que de crimes sans victimes objectives, à propos d’œuvres instaurant tout au plus le malaise au sein de l’imaginaire collectif. Parce qu’il est de bon ton d’éviter la culture du trouble, les institutions cèdent parfois aux pressions avec une déconcertante facilité, laissant s’installer une forme de contestation des bien-pensants et se renforcer l’efficacité de l’outil de censure. « Baiser la lune », au ton irrévérencieux, indique la voie d’une transgression dépassée, d’un rêve atteint, de l’impossible devenu viable.


Positionné dans un lieu intermédiaire entre sous – ou contre – culture et institution, JERK OFF ne cherche pas à faire de la provocation gratuite, à installer un lieu intouchable, sans espèce de censure, mais bien à réfléchir les mécanismes qui l’autorisent ou lui résistent.


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• Tea-time, « Vous prendrez bien un nuage de lait ? » (dimanche 23 octobre de 17h à 19h) : Des acteurs du monde de l’art sont invités à prendre le thé et à converser autour d’un feu sur le thème des censures. Modérateurs : Florian Gaité et Marion Zilio

• Lecture et Performances (mercredi 26 octobre à partir de 19h) : Melle Violette & Friguidass, Franck Rezzak et Mehdi-Georges Lahlou.

 

Galerie (crédit : Nicole Miquel)